L’Aigle

juil 15th, 2010 // In: Collection // By: Commentaires fermés

Chondrite L6
tombée le 26 avril 1803 en France
masse totale : environ 37 kg

  • Tranche de 9,6 grammes

Le 26 avril 1803, une extraordinaire pluie de météorites s’abat au nord de la ville de l’Aigle, dans l’Orne. Des milliers de fragments sont découverts. Grâce au travail systématique mené sur le terrain par Jean-Baptiste Biot, la communauté scientifique de l’époque prend réellement conscience de l’origine extra-terrestre des météorites.

Carte de l’ellipse de chute extraite du rapport de Jean Baptiste Biot

Journal de Physique
Prairial an 11, par le Citoyen Marais

La personne qui m’a donné la plus grosse des pierres que je t’envoie, fut pour la ramasser aussitôt qu’elle fût tombée; mais elle était si chaude qu’elle la brûla : plusieurs de ses voisins se brûlèrent de même en la voulant ramasser. Le Buat l’aîné vient d’arriver, et nous faire ajouter qu’on a vu un globe de feu planer sur la prairie. »

« Il vient de se passer, dans notre pays, un miracle assez surprenant ; le voici sans y rien changer, augmenter ni diminuer; il est certain que c’est la vérité même.

Mardi dernier, 6 floréal entre une et deux heures après midi, nous fûmes surpris par un roulement qui était semblable au tonnerre : nous sortîmes et fûmes surpris de voir l’atmosphère assez net, à quelques petits nuages près; nous crûmes que c’était le bruit d’un cabriolet ou le feu qui était dans le voisinage. Nous fûmes alors dans le pré pour voir d’où ce bruit venait, et nous vîmes tous les habitants du Pont-de-Pierre, qui étaient à leurs fenêtres et dans les jardins, demandant qu’est-ce que c’était qu’un nuage qui passait dans la direction du sud au nord, d’où partait ce bruit, quoique cependant ce nuage ne semblait nullement extraordinaire; mais la surprise fut bien autre chose, lorsqu’on apprit qu’il était tombé de ce nuage, des pierres très grosses et en grande quantité, parmi lesquelles il y en avait de dix, onze et jusqu’à dix-sept livres, depuis l’habitation des Buats (demi lieue au Nord-Nord-Ouest de L’Aigle) jusqu’à Glos, en passant par St. Nicolas, St. Pierre, etc., ce qui parut d’abord être une fable, mais qui par la suite s’est trouvé véritable.

Voilà comment s’expliquent tous ceux qui ont été témoins d’un événement aussi extraordinaire : ils entendirent comme un coup de canon, ensuite un coup doubla plus fort que le précédent, suivi d’un roulement qui a duré environ dix minutes, le même que nous entendîmes aussi accompagné de sifflements causés par les pierres. On n’entendit plus rien après; mais on a remarqué qu’avant le coup les poules eurent peur et les vaches mugissaient extraordinairement; tous les paysans furent effrayés [...] A la vérité on peut être effrayé à moins; car il ne serait pas étonnant que l’histoire n’offrit pas d’exemple d’une pluie de pierres semblable à celle-ci. Le morceau que voici part d’une grosse qui pesait onze livres; on l’a trouvée entre les Buals et le Futay. On dit qu’un curieux a fait l’emplette d’une pesant dix-sept livres, pour l’envoyer à Paris. Chacun dans le pays est curieux d’en posséder une ou un morceau, comme étant un objet de curiosité. Les plus grosses ont été lancées si violemment, quelles sont entrées dans la terre au moins à un pied de profondeur : elles sont noires extérieurement et grisâtres intérieurement : il semble qu’il y ait dedans une espèce de métal [...] Il en est tombé une près M. Mois de la Ville, qui demeure près de Glos; il eut beaucoup de peur, et se sauva sous un arbre. Il en a trouvé une grande qualité de différentes grosseurs dans sa cour, ses blés, etc., sans compter toutes celles que les paysans ont trouvées ailleurs.


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